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Ceci est le résultat de prise de notes des étudiants en M1 de sciences de l'éducation !

 

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 19:09

Axe  4 : Organisation scolaire et travail des professionnels de l’éducation

 

 

 

 

Correspondant : René Amigues, <r.amigues@aix-mrs.iufm.fr>

 

 

 

Les recherches proposées sous cet intitulé s’inscrivent dans la continuité des travaux de l’axe 4 du précédent contrat. Elles se proposent d’organiser un rapprochement inédit entre deux perspectives –ergonomique et sociologique- d’étude du travail des professionnels de l’éducation dans des contextes spécifiques de scolarisation. Un tel programme, qui se donne pour référence l’exercice des métiers de l’éducation et de leur évolution, porte sur l’étude des prescriptions, des organisations et des dimensions individuelles et collectives dans lesquelles sont réalisées les tâches des professionnels et des élèves. L’approche sociologique analyse la difficulté scolaire et le traitement de la différence dans divers contextes spécifiques : adaptation et intégration scolaires, scolarisation en milieu rural et en milieu urbain populaire. En élaborant des modes de sollicitation et de développement de l’expérience professionnelle, l’approche ergonomique permet de mieux comprendre le rôle des milieux et des collectifs de travail dans les évolutions des métiers de l’éducation.

 

 

 

 

Les projets présentés s’ancrent pour l’un dans la sociologie des contextes et pratiques spécifiques de scolarisation et pour l’autre dans l’analyse du travail réel des professionnels de l’éducation et de leurs modes de professionnalisation.

 

 

 

 

I. Sociologie des contextes et pratiques spécifiques de scolarisation

 

 

Le paysage scolaire français n’est pas uniforme. Les contextes et les pratiques de scolarisation varient fortement, d’un point de vue géographique, sociologique, pédagogique. Pour prendre en compte la diversité des publics accueillis et les particularités locales, le système éducatif s’est doté de dispositifs spécifiques : classes à cours multiples, réseaux d’école, Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED), Sections d’Enseignement Général et Professionnel Adapté (SEGPA), Classes d’Intégration Scolaire (CLIS), classes relais, ZEP, REP…

 

 

Le programme de recherche s’articule autour de quatre dimensions :la difficulté scolaire : situations, pratiques et représentations des acteurs ; la différence et son traitement : une école démocratique peut-elle être « une » sans être « plurielle » ? la construction des identités professionnelles : formation et pratique des professionnels de l’éducation ;les formes de mobilisation des acteurs : famille, école, territoire.

 

 

 

 

I.1. L’observatoire de l’école rurale

 

L’année 2006 a vu le démarrage de travaux complémentaires, qui vont se poursuivre dans trois directions :

 

 

- Comparaisons internationales :

 

 

Les chercheurs de l’UMR appartenant à l’OER sont impliqués dans un vaste projet européen : le programme « CAENTI » (Coordination action of the european networks of territorial intelligency), 6ème PCRD, 2006 - 2008. Ils sont chargés de deux chantiers : Séminaire « Territoire et Territorialisation »  (P. Champollion, A. Legardez) et « Observatoire européen de l’école élémentaire » (Y. Alpe, J.L. Fauguet). Le premier séminaire a eu lieu à Aix en Provence en juillet 2006, la première conférence internationale se déroulera en septembre 2006 à Alba Iulia (Roumanie), le séminaire suivant à l’Université de Salerno (Italie) et la conférence suivante à l’Université d’Huelva (Espagne). Ce travail permettra de confronter les expériences et les recherches des pays participants, et devrait déboucher sur la constitution d’un « Réseau d’excellence européen » à l’horizon 2008.

 

 

 

 

- Recherches complémentaires

 

 

Une recherche par entretiens a débuté au printemps 2006, elle a pour but d’approfondir l’analyse des « rapports aux territoire », chez les élèves et chez leurs enseignants, et de repérer d’éventuels  effets du contexte territorial sur la mobilisation familiale autour de l’école. Elle associera aux chercheurs de l’équipe (Y. Alpe, J.L. Fauguet, A. Legardez) deux étudiants en thèse et des étudiants en master 1 et master recherche (trois projets sont déjà bien élaborés, deux autres devraient s’y ajouter).

 

 

 

 

- Comparaisons rural / urbain

 

 

Les premiers éléments de comparaison produits au cours des travaux précédents montrent qu’il peut être très enrichissant de mettre en place une analyse plus élaborée, en particulier en prenant en considération les familles populaires dans le rural et dans l’urbain. La base de données constituée contient un sous-échantillon « urbains populaires », encore peu exploité, et des travaux complémentaires sont envisagés

 

 

 

 

Enfin, l’équipe de l’OER prépare actuellement pour  novembre 2007 un colloque international  sur le thème « Education et Territoires : contextes, organisations et trajectoires scolaires ». Il aura pour but de faire une première synthèse des travaux de l’OER, et d’élargir les pistes de recherche dans une double perspective : pluridisciplinaire et internationale. Le Comité scientifique est constitué, le pré-programme est achevé et les appels à communication vont être lancés avant la fin 2006.

 

 

 

 

II. Ergonomie de l’Activité des Professionnels de l’Education

 

Plusieurs enseignants chercheurs qui conduisent des travaux, de façon plus ou moins isolée, seront associés à des opérations de recherches et participeront à des « journées internes » organisées par l’équipe ERGAPE.

 

 

Le programme à venir s’appuiera sur les avancées présentées dans la partie bilan, et se fondera en particulier sur l’hypothèse de travail que les prescriptions ne sont pas externes à l’activité enseignante, mais consubstantielles de celle-ci. Si les prescriptions visent une transformation des pratiques enseignantes, le travail les transforme tout autant en retour. Si bien que le travail enseignant ne peut plus être vu comme l’exécution ou l’application d’un curriculum prescrit, mais doit être situé entre un processus de prescriptions officielles et de prescriptions endogènes produites par des collectifs de travail. Ces deux types de prescriptions sont mis à l’épreuve et retravaillés par des valeurs portées collectivement et mis en œuvre dans un travail singulier, qui consiste à prescrire aux élèves les tâches à accomplir pour les besoins de leur apprentissage. Pour cela, l’enseignant dispose de méthodes et d’outils, conçus en dehors de son activité propre, comme d’outils qu’il élabore à son propre usage. Il s’ensuit divers processus d’appropriation, de mise à l’épreuve en situation de travail, au cours desquels il expérimente les effets de sa démarche sur l’activité des élèves mais aussi sur la sienne propre. Cela le conduit à adapter, modifier et transformer des façons de faire que l’on définira comme des techniques prenant place parmi des « genres d’activité ». C’est ce que s’attacheront à montrer les travaux à venir pour les enseignants (expérimentés ou débutants) en insistant aussi sur la dimension santé : l’effet du travail sur les professionnels. Ces travaux, inscrits dans les cadres théoriques et méthodologiques élaborés jusqu’ici pour le travail enseignant, connaîtront aussi un élargissement, puisqu’il s’agira de mettre les hypothèses élaborées à l’épreuve d’autres métiers de l’enseignement (direction d’établissements, les CPE[1] et les professeurs documentalistes, ou encore le « travail scolaire »).

 

 

 

 

II.1. Analyse du travail et métiers de l’éducation

 

Les recherches sur le travail des personnels d’encadrement de l’Education nationale sont peu nombreuses. Cette activité doit être abordée à partir du concret des situations de travail afin de confronter les discours de l’institution et les modèles dominants, en particulier, les théories managériales, à la réalité de ce travail. Ainsi est questionnée la validité d’une conception de règlement et de principes de gestion qui prendrait pour unique référence les prescriptions applicables à la sphère du travail productif en minorant finalement les spécificités des établissements scolaires. Ce chantier, qui associera les protagonistes eux-mêmes à la production des savoirs constitués autour de leur activité, a le caractère inédit d’une approche ergonomique de l’activité d’encadrement.

 

 

 

 

 

 

II.2.     Le travail intercatégoriel et ses milieux

 

Le but de ce programme est de rendre compte du travail réel d’une équipe inter catégorielle dans la conception et la mise en œuvre de l’éducation à l’orientation dans un collège de ZEP. Il s’agira d’étudier tout particulièrement le rôle que jouent les divers milieux (scolaire, disciplinaires, entreprises, parents, autres institutions) dans les rapports que les praticiens (principal, COP, professeurs principaux, CPE, professeurs) doivent construire entre eux et avec leurs partenaires (parents, entreprises…) pour accomplir les tâches qu’ils se sont fixées. Comment s’opère la division sociale du travail dans une organisation à prescriptions multiples et dans le contexte d’une recomposition des professionnalités ? La méthodologie s’appuiera à la fois sur des « méthodes directes » (observation, entretien, chroniques d’activités) et des « méthodes indirectes » de sollicitation de savoirs professionnels et de l’expérience professionnelle.

 

 

 

 

II.3. Cadre méthodologique et démarche d’intervention

 

 

La volonté affichée dans les recherches et les projets, dont il est fait état ici, de se référer à l’ergonomie de l’activité, entraîne certaines conséquences, et font surgir certains enjeux (voir ci dessus : « cadre méthodologique »). En premier lieu, compte tenu de ce que l’ergonomie est une discipline d’action, et que la vocation de l’ergonome est de transformer les situations de travail pour l’amélioration desquelles sa compétence est requise, le statut de ce dernier est inévitablement celui d’un intervenant. Cela suppose, rapporté aux situations du travail enseignant, que les travaux inscrits dans cette perspective répondent systématiquement à une nécessité ou à une demande expresse du milieu considéré, en raison d’un état de crise, ou d’évolutions relatives à l’objet, l’organisation ou les finalités du travail qui appellent une redéfinition et l’élaboration de ressources nouvelles. Cette posture du chercheur intervenant dans une situation concrète et dans un but défini, loin de borner la dimension scientifique de son activité, l’engage au contraire dans un régime différent et fertile de production de savoirs scientifiques. Dans l’impossibilité de problématiser a priori les questions auxquelles il est confronté, de définir l’objet de son travail d’une manière strictement conforme à celles de son cadre théorique de référence ou du courant auquel il appartient, il doit affronter les obstacles objectivement présentés par la situation dans laquelle il intervient et intégrer à sa démarche l’existence et l’activité de partenaires, sujets à part entière et non objets eux-mêmes de la recherche (ci dessus : « milieu associé à la recherche »). Cela exige du chercheur intervenant de rendre compte du re-travail de ses savoirs de référence, conceptuels aussi bien que méthodologiques, au contact des interrogations émanant des problématiques concrètes rencontrées. Il s’agira d’apprécier plus finement les effets des outils, des dispositifs mis en œuvre lors de nos interventions sur la transformation du travail des professionnels de l’éducation. Cela implique que la démarche d’intervention-recherche devienne elle-même un objet de recherche.

 

 

 

 

II.4. L’activité du professeur entre efficacité et santé

 

 

La question de la santé au travail  des enseignants occupe une place réduite dans le champ de la recherche en éducation comme dans celui de la formation des professeurs.

 

 

Tout particulièrement, les modes d’investissement du professeur dans la réalisation des tâches, ainsi que l’intensité de cet investissement, constituent un terrain en friche pour la réflexion. En effet, la prescription imposée au professeur de prescrire à son tour des tâches à réaliser par d’autres (les élèves), fait de lui à la fois l’organisateur et le gestionnaire du cadre de cette réalisation. Il lui incombe donc de construire et faire vivre les conditions nécessaires au travail des élèves et à son propre travail avec eux. Mais la mise en place de ces conditions va de moins en moins de soi, dans un contexte où la responsabilité des enseignants est convoquée face à des difficultés professionnelles inédites, particulièrement dans ces « zones de turbulences » où se trouve aujourd’hui propulsée une partie de la profession. : comment faire avec les nouvelles demandes sociales, les résistances et les oppositions à apprendre, les échecs persistants des élèves … ? Or en faisant peser une obligation de résultats aux critères flous (définis en termes de compétences à faire construire), voire contradictoires (transmettre des connaissances et préparer à l’employabilité) et dont les moyens sont laissés à la charge des enseignants, l'institution contraint ces derniers à « prendre sur eux ». Cela conduit à une « efficacité malgré tout », mais cela peut engendrer aussi un sentiment d’impuissance, nourrissant des attitudes défensives dans lesquelles le ressentiment le dispute au cynisme.

 

 

Ce programme de recherche se propose de mieux apprécier les effets de ces attitudes défensives sur l’activité enseignante, et de rendre compte des modalités selon lesquelles les protections passives contre la souffrance au travail qu’elles constituent finissent par affecter la santé du professeur et diminuer son pouvoir d’agir. Il s’agit selon nous d’un enjeu fondamental, à la fois scientifique et social, du double point de vue de la compréhension du travail enseignant et de sa transformation, à la demande des intéressés et avec leur concours.

 

 

 

 

II.5. Genre professionnel, métier et professionnalité

 

Cette recherche se fonde sur l’hypothèse, reprise de travaux de Bakhtine,  d’une part stable et commune,  mais impersonnelle et non formalisée, présente dans les façons d’agir des professeurs et sur laquelle repose la  « professionnalité » enseignante. La notion de genre, ou mieux de genre d’activité, vient combler une lacune en sciences humaines : elle donne un statut aux conduites, aux modes d’action, qui par leurs caractéristiques donnent sens aux actions elles-mêmes. Dans le cas de l’échange verbal, selon François, le genre autorise « une façon ouverte de communiquer », c’est à dire de signifier des choses différentes avec un même matériel verbal. On se dote ce faisant d’une unité d’analyse des activités, notamment professionnelles et enseignantes. On identifiera ainsi un genre professionnel enseignant traversant les façons d’être et de faire qui, appliqué aux objets, spécifiques ou non, de l’activité enseignante traduit les préoccupations communes aux « gens du métier », au-delà des diversités irréductibles. A l’intérieur même des catégories identifiées sur la base de ces unités, on pourra identifier des traits fondant d’autres spécificités formant des « sous-genres » : le fait, par exemple, que des enseignants débutants intègrent à leurs actes de travail des composantes dédiées à leur propre apprentissage autant qu’à celui des élèves (Saujat sur le genre débutant), manifeste tout autant la réalité des genres que la nécessité d’une réflexion spécifique sur la question, dans le but de conceptualiser efficacement métier et professionnalité enseignantes.

 

 

 

 

II.6. Travail scolaire, difficultés des élèves et relations avec les familles

 

Cette recherche explorera le travail scolaire et ses milieux selon deux directions : le travail personnel de l’élève et l’intégration des élèves en situation de handicap.

 

 

Le travail personnel de l'élève sera étudié selon deux points de vue : celui de l’activité des élèves et celui du travail de l’élève, vu comme « miroir » de l’activité du professeur.

 

 

Le travail personnel de l'élève est présenté comme une condition de la réussite scolaire. Mais comment ce travail est-il organisé par l’élève (et les parents), alors qu’il est co-construit en classe par le professeur et l’ensemble des autres élèves ? Il s’agira de rendre compte de ce que l’élève comprend de ce qu’il a à faire et comment il a à le faire, chez lui, à partir du travail réalisé en classe. Comment, de son côté, le professeur rend-il lisible le travail à faire à la maison ? En d’autre termes, il s’agira d’étudier le mode d’organisation du travail de l’élève selon les milieux (classe vs maison) et les activités réellement développées par l'élève en relation avec l'activité du professeur (et de la classe). Pour chacun des milieux considérés, on recourra à des méthodes "directes" (observations ethnographiques, entretiens, questionnaires…) et des méthodes "indirectes". Ces dernières permettront de mettre en rapport l’activité de l’élève et celle du professeur de façon à étudier sous quelles conditions l’analyse du travail de l’élève peut devenir un objet d’apprentissage pour le professeur et source du développement de son activité.

 

 

Cette recherche visera aussi à dégager les modalités de la relation entre les familles populaires et les enseignants et les recompositions liées aux enjeux de l' aide à mettre en place pour le suivi et la réussite des élèves.

 

 

 

 

- Les sociologues considèrent le traitement de la différence comme un défi quotidien pour les professionnels de l’école et du collège unique. Ce défi est renforcé par l’application de la loi relative à l’égalité des droits et chances des personnes handicapées, instituant le droit d’inscrire, en classe ordinaire, tout enfant en situation de handicap.

 

 

Cette recherche interrogera la difficulté scolaire des élèves et des enseignants dans le cadre des contextes spécifiques de l’enseignement adapté et de la scolarisation des élèves en situation de handicap ; et plus précisément sur les pratiques enseignantes d’intégration et leurs effets (performances et comportements des élèves ; représentations, activités et évolution du métier chez les enseignants).

 

 



[1]           L’équipe sera renforcée par Véronique Barthelemy, MCF qui conduit ses recherches sur ce thème.

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Published by les étudiants en master 1 - dans UMR ADEF
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