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Ceci est le résultat de prise de notes des étudiants en M1 de sciences de l'éducation !

 

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9 décembre 2006 6 09 /12 /décembre /2006 01:05

Epistémologie méthodologie

Michel Vial

6 12 06

 

Méthodes de l’ethnos

 

Toutes les méthodes demandent du temps et on n’a du temps pour aucune méthode et on n’a que le temps qu’on se donne. Il n’a jamais été prévu qu’un chercheur travaille. Toutes les méthodes demandent d’aller sur le terrain.

 

La recherche documentaire livresque ne suffit pas. Il faut que le terrain existe.

Il faut que le groupe existe, qu’il ait une pratique identifiée et que le groupe soit identifiable. Il faut avoir les autorisations pour aller sur le terrain. Les terrains institutionnalisés comme l’école sont de plus en plus réfractaires, surtout de la part des autorités et des parents. Il faut des autorisations légales. Il faut aussi avoir un nombre de complicités sur le terrain, qui vont faciliter et ouvrir les portes. Cela se négocie et demande du temps. Il faut un certain nombre de faisabilités : enregistrer en vidéo ou en audio. Les gens du terrain en général demandent une contre partie. Mais le chercheur ne vient pas en tant que formateur. Certains terrains veulent participer aux résultats et écrire un texte  pour la présentation de la recherche. Il y a aussi les problèmes éthiques : ex : comment faire pour rendre anonyme les personnes du terrain. Ex : dans l’hôpital les services sont sectorisés. La solution serait de ne pas dire la pathologie, et quelquefois ce n’est pas possible. Certaines fois on pointe des  dysfonctionnements, et c’est délicat que les gens soient reconnus..

La disponibilité du terrain : on n’est pas toujours possible d’être disponible à certains moments importants.

Il faut partir avec un nombre supérieur de terrains que celui nécessaire, pour en abandonner quelques un si nécessaire.

La recherche de terrain est une recherche à risque. Les problèmes ne tiennent pas aux méthodes mais au type de recherche.

 

Ethnos

C’est un mot grec utilisé pour ramasser en un seul bloc ders recherches faites dans des disciplines voisines mais différentes : ethnologie, ethnographie, anthropologie, sociologie (qui existe sous cette angle depuis les années 50).  L’anthropologie est la discipline mère. Ce sont les sciences de l’homme. On croyait à l’époque en la nature de l’homme, point de vue de la philosophie essentialiste. L’homme est homme en tous temps et en tous lieux. Il y a en l’homme un noyau dur inchangé et inchangeable qui constitue son essence (relation à essentiel). L’homme serait caractérisable par un certain nombre de traits intemporels et universels. On a cru à cette discipline jusqu’au début du XXème siècle. Remise en cause par la phénoménologie et l’existentialisme.

L’anthropologie consistait à lister les traits caractéristiques de l’homme. Les autres disciplines servaient de rabatteurs. L’anthropologue avait une aura de celui qui totalise le savoir sur l’être humain. Cela a fonctionné jusqu’aux années 1950. C’est la discipline des grands voyageurs, des explorateurs.

De retour des explorations, conférences pour décrire ce qui a été vu. Connaissance du monde est à présent noyauté par la scientologie  depuis 6/8 ans. Ces gens là n’étaient pas des scientifiques : ils n’étaient pas dans le respect de l’autre, ne respectaient pas ce qu’ils trouvaient. L’idée de laisser des traces, de créer un patrimoine à conserver n’était pas observée.

 

On a commencé à édicter des règles pour préserver l’objet que l’on étudie : des micro sociétés, des ensembles d’êtres humains qui se reproduisent avec des coutumes, des façons de vivre, une façon  de concevoir le monde.

L’anthropologie a été victime de l’idée de colonialisation, victime du point de vue que la civilisation c’était l’Europe et que les autres peuples s’étaient arrêtés : on les appelait des primitifs, des peuplades, des indigènes, des autochtones.

Coloniser c’était apporter le progrès. Avant qu’il ne disparaisse, on les étudiait. Ils nous donnaient des images de ce que nous étions dans le passé. L’entourloupe est que ce sont des témoins de notre histoire.

En même temps qu’on les déculturalisait, les colonisateurs disséminaient les microbes pour tuer les populations autochtones.

 

Lévi-Strauss est à la charnière d’un changement de période. L’anthropologie a failli disparaître avec la civilisation. Le changement est venu des USA. On a étudié l’ici et maintenant. Ex anthropologie urbaine : on peut étudier les marginaux. On a étudié les groupes sociaux internes à notre civilisation.

On a fait de l’ethnologie avec les travestis, les drogués, les prostitués, les nomades… 

Quand on a décidé d’insérer les jeunes de banlieues, les sauvageons, on a étudié ce groupe.

 

La sociologie est intervenue à partir de méthodes expérimentales. Cela ne marchait pas avec ces populations. Il y a eu une scission qui a donné naissance à la sociologie expérimentale. Le départ est l’école de Chicago et l’ethno méthodologie.

Aux USA, la sociologie interactionniste fait partie de l’ethno méthodologie. Ces idées ne sont venues que tardivement en France, à partir des années 80. On pense que ce sont les gens eux-mêmes qui savent le mieux leur fonctionnement.  Il ne s’agit pas d’idiots culturels. Ces gens là n’étaient pas des scientifiques : ils n’étaient pas dans le respect de l’autre, ne respectaient pas ce qu’ils trouvaient. L’idée de laisser des traces, de créer un patrimoine à conserver n’était pas observée. Le chercheur est là pour s’imbiber ce que les gens disent et font. Ethno méthode : ce que les gens de terrain disent de ce qu’ils font, ce que les gens expliquent de leurs pratiques.

 

On a collé tout cela ensemble sous le titre de l’ethnos. L’objet est la vie quotidienne des groupes humains, des ethnies. On cherche à comprendre le sentiment d’appartenance à un groupe. L’ethnos est le sentiment d’appartenance.

 

1ère précaution : le groupe existe. Le groupe est identifié, s’auto identifie, se spécifie en imposant à ses membres des marquages. La notion de marquage est propre à la méthode de l’ethnos. Le sentiment d’appartenance est obtenu par un marquage.

 

Ex : marquage conscient : cheveux verts et anneaux dans le nez a été un marquage des punks.

 

Il y a des marquages non conscients qui sont acquis par transmission à l’intérieur du groupe. Ils savent qu’ils font ces choses mais ne se rendent pas compte que cela constitue un marquage.

Ce sont des marquages naturalisés et inconscients, il faut donc les mettre à jour, et c’est le travail du chercheur. Il y a aussi des marquages internes.  

Certaines tribus se les infligent. Ex : scarifications. Il existe aussi des scarifications mentales plus dangereuses. Ex : c’est tout le portrait de son père. Il est teigneux comme lui.

 

Derrière les marquages, il y a souvent un processus initiatique, des rituels.

Les marquages sont faits pour les membres se reconnaissent. C’est un travail sur la différence, c’est accuser la différence. Ex : calotte des juifs, foulard islamique. Il s’agit de se connaître et de se différencier.  Comment expliquer la signification des marquages, voire leur histoire.

 

A quoi cela sert dans ce groupe là ? Le marquage assigne une place à quelqu’un dans le groupe. Cela permet de rendre lisible la hiérarchie dans le groupe, le permis et l’interdit.

Ce qui va nous intéresser c’est de mettre au jour les règles particulières des groupes, l’organisation sociale de groupes, avec ce qui est permis et ce qui est interdit. Au-delà des marquages, on s’intéresse aux règles de fonctionnement du groupe.  Cela se décline en permis et interdit.

 

Quels rapports cela a-t-il avec l’éducatif ?

Toute éducation passe par du marquage, où que cela soit, que cela soit transmettre une culture ou un savoir. L’appropriation d’un savoir est un marquage. On ne sort pas indemnes de la transmission. Si l’éducation se veut un plus, c’est parce qu’il y a création de changement.

 

Exemple : système des collèges en Angleterre, il fonctionne essentiellement au marquage. Ex : cravate du collège pour des rituels.

L’ENA le marquage est plus psychique que vestimentaire.

Il y a la perte de la dimension universelle. Il n’existe pas de vision universelle. Les valeurs universelles ne sont que les derniers avatars du colonialisme européen. Pour l’ethnos, tout est contextualisé, territorialisé parfois jusqu’à la l’absurde. Il n’y a que des cultures situées. La Culture n’existe pas. 

 

Toby Nathan qui travaille à recontextualiser le psychisme n’est pas bien vu par les freudiens. Il est révolutionnaire par rapport à la psychiatrie institutionnelle. Les  thérapeutiques fonctionne encore beaucoup sur l’universel.

 

L’éducatif est en train de comprendre que le local est le pragmatique. Le thérapeutique ne peut pas le comprendre pour l’instant. La méthode de l’ethnos en médecine est impensable.

 

La médecine cherche l’invariant en permanence. Elle a une vision de l’homme universelle.

Si l’ethnos a de l’avenir c’est u’il coïncide avec la recherche du situé, du local. Notre identité est multiple parce que nous avons des appartenances multiples. Le corps professionnel dans lequel on évolue peut être considéré comme une tribu. On peut étudier des milieux non marginaux.

 

La sociologie a essayé de s’annexer l’ethnos, mais elle n’y est pas arrivée.

Les représentations sociales ont-elles un rapport avec les marquages ?

Les sociologues qui ont travaillé sur les représentations n’ont pas cherché à savoir d’où elles viennent. On peut dire que oui, mais ceux qui ont crée le concept n’ont pas vu ce lien. Les représentations sociales : l’éducation n’a pas de prise dessus.

 

Conceptualisation : didacticiens du professionnel : Pastré, Vergnaud.

En tant qu’éducateur, on est là pour le changement. On transforme de la matière, mais l’être humain, il change. En sciences humaines on bricole avec des modèles à adapter.

 

Le problème pour un chercheur qui veut utiliser les méthodes de l’ethnos est d’identifier la tribu.

Il ne faudrait pas croire que la tribu est forcément localisée géographiquement. Certaines tribus sont des diasporas, dont jamais la totalité des membres ne se retrouve en même temps au même endroit.

. ex : tribu des diabétiques dialysables.  

Tribu virtuelle : notamment en informatique. Ils peuvent ne jamais se rencontrer et avoir des marquages.

Délimiter les limites de la tribu n’est pas un travail anodin.

Quand la tribu est un corps professionnel, cela pose un tas de problème pour identifier les frontières.

Les profs des écoles sont-ils une tribu ? A côté il y a la tribu des enseignants. Comment savoir si le sujet étudié est en rapport avec telle ou telle tribu ?

Identité bloqué : infirmier en oncologie.

Comment cela s’articule-t-il ? Va-t-on les dissocier ?

Identifier fait partie du travail de la recherche. Jusqu’où faut-il se renseigner au préalable sur la tribu ? Doit-on faire une revue de question ? Tout lire sur la profession des enseignants ?

Si je me mets à trop travailler la question en amont, je peux me retrouver sur le terrain avec une grille qui fausse la vision. S’il s’agit d’un établissement, doit-on connaître son histoire ?

 

Le problème est l’œil neuf, puisqu’il faut travailler sur ce qui est différent et étonnant. Au départ, il s’agissait toujours d’étudier l’autre. Trop connaître de choses sur lui risque de le rendre trop familier. Chacun doit être averti de ce genre de danger et prendre des décisions au fur et à mesure u’il avance dans son travail. IL faut donc tenir un journal de recherche pour être vigilant sur ces questions, pour avoir un regard d’étranger sur l’autre, travailler son implication. Le journal de la recherche peut être mis en annexe du mémoire, du produit de la recherche. C’est l’endroit où on peut prendre du recul, où on note les théorisations qui viennent. Suis-je encore chercheur ? Est-ce que à force d’être près d’eux je suis encore un chercheur, où on ne voit pas grand-chose. Après on va sur le terrain. Là, on a un problème de posture, un continuum possible. C’est le problème de l’intégration, entre intégration totale ou minimale. Je vais chez eux, j’habite avec eux : intégration totale, je suis un futur membre de leur tribu, je ne dis pas que je suis un chercheur. D’emblée ils ont confiance. On joue le naïf.

 

L’idée des ethno méthodologues est qu’il faut être au même niveau qu’eux. L’idée est que si l’on se présente comme chercheur, ils mentent. L’idée est que la sociologie fait dire aux gens ce qu’elle attend.

Intégration minimale : on peut dire ou pas qu’on est chercheur. On ne va sur le terrain que quand on peut, on veut, il y a un événement important. Entre les deux, il y a tout l’éventail des possibles. Les relations avec les personnes peuvent changer pendant la recherche. On peut changer d’intégration pendant la recherche. Est-ce que cela aide ou pas ? D’où l’importance du journal de recherche. ON joue à fond la carte de la rencontre humaine. On peut avoir une familiarité avec l’autre qui dépasse ce qu’on avait prévu au départ.

Se forcer à traiter les données au fur et à mesure. Ne pas attendre la fin du passage sur le terrain pour traiter les données. Cela oblige à avoir du temps tout seul. Cela oblige à ne pas perdre le fil avec pourquoi je suis là. Je ne suis pas là pour me convertir à telle ou telle idéologie. Quand on travaille seul, on peut être amené à poser des questions sur ce qui a été vu la veille. On va amener des pseudos discussions informelles permettant de traiter

 

Chercheur : éponge, sauveur. Attention !

 

L’outil principal est l’observation participante. L’idée est qu’on observe en faisant. On prend part aux activités quotidienne des gens. On note les questions qu’on se pose et on obtient les données. Les stages sont un moment idéal. On peut questionner sur ce qui se fait.

 

Sur le terrain : identifier les personnages de la tribu. Chercher les spécialisations de la tribu. Voir si les liens entre les gens sont réglés par des rôles tenus. Cela ne fonctionne sur le terrain que si on a identifié sur le terrain le marquage qui intéresse. Le temps devient alors une fausse question.

 

Quand on s’en va, il faut laisser la porte ouverte, afin de revenir pour des questions complémentaires. Il faut garder de bons contacts avec des gens. Partir sur le mode effiloché.

 

Quand on quitte le terrain, on retrouve comme matériau principal le journal avec tout ce qu’on a noté. C’est à partir du journal u’on va trouver les données que l’on va traiter. Il va s’agir de faire des catégories. C’est pour faire ces catégories qu’on a besoin de catégories, afin de les rendre légitimes.

Tous les moyens sont bons pour les catégoriser. C’est proche de l’analyse de contenu que l’on va faire. Procédé : collection de thématiques, sous-thématiques, organisations de schématisations, formalisations, catégorisations. Tous les moyens sont bons pur catégoriser y compris dans le comptage de mots (récurrence), y compris le comptage informatisé. . Toutes les théories peuvent être utilisées dans la mesure où on affaire à des groupes sociaux, la psycho sociologie. Pour les résultats, il y a un problème à aborder qui est le problème de l’extension des résultats. Ces résultats ne sont-ils valables qu’avec ce groupe-là ?

Il y a des gens qui ne supportent pas que les résultats soient locaux. Ils font rapidement un test de transférabilité des résultats. Transférable ne veut pas dire généralisable. C’est une variabilité de ce que j’ai trouvé. On peut y voir des points communs. Cela peut être l’utilité du résultat et pas la nature des résultats.

Deux degrés de transférabilité : même nature sous des formes différentes  ou même utilité sous des formes différentes. On peut parler de transfert méthodologique.

On passe beaucoup moins de temps dans la tribu n°2.

 

Les difficultés de cette méthode sont d’être assez proche des gens pour obtenir quelque chose de vrai tout en restant étranger au monde pour être étonné de ce qu’ils font.

Notre curiosité s’émousse vite ;

Autre difficulté : le traitement. C’est un peu magique. Les ¾ des gens voient la théorie après.  C’est une affaire d’intuition. C’est impossible pour les gens trop rationnels. Il y a un jeu de rangement et d’organisation. On ne sait pas à l’avance si on va y prendre du plaisir, ou si cela insupportable. IL y a une prise de risque. Les méthodes doivent être des orientations

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Published by les étudiants en master 1 - dans SCEQ3 : éducation et sciences humaines
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